jeudi 24 novembre 2011

mardi 15 novembre 2011

Vidéos

Deux vidéos bien sympas sur l'autisme

Mon petit frère de la Lune




Le voyage de Maria

samedi 15 octobre 2011

Temps et autisme - Introduction

La clinique de l’autisme décrite depuis de nombreuses années s’affine de plus en plus. La connaissance de ses soubassements neuropsychologiques progresse également et permet une meilleure compréhension de cette pathologie et conséquemment la mise en œuvre de prises en charge diversifiées et adaptées. Le traitement de l’information est reconnu comme fondamentalement différent chez l’enfant autiste : il est possible que, pour une part, cette différence puisse être rapportée à des difficultés ou des singularités dans l’appréhension qu’il peut avoir du temps.
La description princeps de l’autisme faite par Kanner soulignait déjà le besoin d’immuabilité, comme si le temps devait se figer… L’incapacité à anticiper constitue un des facteurs participant aux difficultés d’adaptation des autistes et l’éducation structurée a dans ses principes fondamentaux le fait d’aménager l’environnement de l’enfant afin qu’il soit davantage compréhensible et prévisible. Les échanges avec autrui impliquent de nombreux mécanismes subtils d’ajustement parmi lesquels la synchronisation des interactions joue un rôle essentiel…
Ainsi, il nous semble utile d’être mieux à même de caractériser les particularités de la perception et du vécu du temps chez les autistes, tout en soulignant les liens pouvant exister entre ces difficultés et d’autres pouvant s’observer dans d’autres domaines, en particulier dans celui de la communication, des interactions sociales, du langage…
A la lumière de ces connaissances, il peut être intéressant de reconsidérer les outils couramment utilisés dans les prises en charge pour travailler sur la question de la temporalité (emploi du temps dans ses différentes formes, time timer, travail sur la chronologie et le rythme…) et éventuellement d’en imaginer de nouveaux.
Il est ensuite incontestable que l’ensemble de nos prises en charge, quels qu’en soient les objectifs et les modalités, s’inscrivent dans une certaine temporalité et qu’il peut être utile de se questionner sur ce point. L’enfant autiste a à s’adapter au rythme de l’institution assurant son accompagnement éducatif et ses rééducations. Cette institution est soumise en elle-même à de nombreuses contraintes sociales : horaires de travail des professionnels, rythme sur l’année scolaire… Par ailleurs, elle ne travaille pas isolément et doit s’articuler avec d’autres institutions et tout particulièrement l’école, ce qui est source de nouvelles contraintes sur l’organisation des soins… Le processus de socialisation implique certainement que l’autiste puisse intégrer un certain nombre de rythmes imposés par la société, mais peut-être qu’à certains moments, les contraintes de cet ordre sont démesurées et débordent largement ses capacités d’adaptation.

La temporalité revisitée



mercredi 22 juin 2011

Violence et famille

Les 20 et 21 juin, un colloque était organisé à Paris par "Psy & Crimino" sur le thème "Violence et famille – Comprendre pour prévenir", un thème qui se situait parfaitement dans le prolongement de celui choisi pour la journée théorico-clinique du Pôle I06 "Violence, agressivité, angoisse" du 9 juin dernier au Centre hospitalier de Saint-Cyr au Mont d'Or.
Différentes situations ont pu être étudiées des plus banales comme les maltraitances à enfant, les violences conjugales au plus graves comme l’inceste, les homicides, les infanticides… L’abord de ces différentes situations se voulait résolument pluridisciplinaire.
Pour tous ceux qui sont intéressés par le sujet, mais qui n’ont pas eu la possibilité de participer à ces deux journées, une bonne nouvelle, la parution d’un livre aux éditions Dunod sous la direction de Roland COUTANCEAU dont le titre reprend l’intitulé du colloque et qui rassemble l’essentiel des communications présentées.
La violence est un thème très prégnant à notre époque, dont l’actualité est régulièrement entretenue par des faits divers dont s’emparent médias et hommes politiques : pour les derniers en date, on peut citer une jeune lycéenne de 17 ans tuée dans l’Ardèche alors qu’elle faisait du jogging et une collégienne de 13 ans mortellement blessée dans l’Hérault par le frère d’une de ses camarades avec qui elle avait eu un différend lié à une rivalité amoureuse la semaine précédente. Si l’émotion suscitée par de tels faits divers est légitime, l’exploitation qui peut en être faite est elle davantage contestable.
L’émotion doit laisser la place à la réflexion, laquelle peut permettre de se déprendre de certains a priori. Parmi ceux-ci, le fait que le sentiment d’insécurité est le plus souvent rapporté à la peur de ce qui peut apparaître comme le plus éloigné du sujet : l’étranger, l’immigré, le malade mental, le pervers ou le délinquant multirécidiviste… avec toutes les mesures sécuritaires que l’ont peu imaginer pour s'en prémunir, quitte à ce que certains droits fondamentaux s’en trouvent remis en cause.
Or les statistiques criminologiques sont unanimes : quel que soit le type de violences, des plus communes au plus graves – maltraitance, violences simples, homicides, abus sexuels… – l’auteur est bien plus souvent une personne connue de sa victime, un proche ou un membre de sa famille, qu’une personne qui lui est totalement étrangère, croisée par hasard, au détour d’un chemin.
L’espace clos de la famille que l’on pourrait supposer constituer pour tout sujet un milieu protecteur, un refuge, peut en fait se révéler dans certains cas comme le lieu de tous les dangers.